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La vermiculite: dois-je m’en débarrasser?

ll y a de ces matériaux dont personne ne veut chez soi… Au cours des dernières décennies, il y a eu une grande prise de conscience face aux dangers que posent les matériaux tels que l’amiante, qui peut entraîner des maladies pulmonaires, et l’isolant MIUF (mousse isolante d’urée formaldéhyde), qui est cancérigène.


La vermiculite, plus méconnue, est l’un de ces matériaux dont les propriétaires se passeraient bien. Étant parfois contaminée à l’amiante, il importe de ne pas tenter de la manipuler soi-même.


Qu’est-ce que la vermiculite?

La vermiculite est un minerai isolant et résistant au feu qui se retrouve dans plusieurs résidences construites entre les années 1930 et 1990. Elle se vend toujours d’ailleurs, principalement à des fins agricoles et d’horticulture.

Cet isolant se présente sous forme de petites granules, telles que celles utilisées pour les poêles à bois. Se vendant dans des sacs de plusieurs litres et facile à étendre dans les greniers, la vermiculite pouvait être manipulée aisément par les constructeurs comme par les propriétaires.


Pourquoi la vermiculite peut-elle être contaminée?

Aujourd’hui, la vermiculite suscite un peu plus qu’un haussement d’épaules, car elle peut poser un danger pour la santé. Mais attention : seules les granules contenant de l’amiante suscitent des inquiétudes, particulièrement celles vendues sous la marque Zonolite® Attic Insulation. Cette compagnie s’approvisionnait exclusivement à la mine Libby, au Montana (aux États-Unis). Cette mine contenant un grand dépôt d’amiante a fait que la vermiculite s’en est trouvée contaminée.

Aucun produit provenant de cette mine n’est vendu depuis 1990. Il est cependant estimé qu’environ 300 000 foyers canadiens contiennent de la vermiculite contaminée à l’amiante, mais il est trop tard pour bénéficier des recours collectifs contre l’entreprise W.R. Grace.


Comment gérer la présence de vermiculite

Mais est-ce qu’un produit contenant de l’amiante, auquel on n’a pas accès puisque placé au grenier, peut être dangereux? Les indications de Santé Canada sont très claires : il faut éviter de manipuler ou d’être en contact avec l’amiante, de quelque façon que ce soit.

Il est recommandé de boucher toutes les fissures, par exemple autour des plafonniers, afin que la poussière d’amiante ne se dégage pas dans l’étage inférieur. De même, si la vermiculite contenant de l’amiante a bougé au fil des années, elle peut avoir descendu le long des murs intérieurs. Il est donc essentiel, dans ces cas-là, de faire en sorte que les ouvertures soient bien scellées.

Enfin, si votre système de ventilation est muni de conduits qui passent par le grenier, il sera important de vérifier qu’ils sont bien étanches afin de ne pas faire circuler la poussière d’amiante dans toute la maison. En effet, un grenier bien aéré peut prévenir la circulation de la poussière vers l’intérieur de la maison.


Comment savoir s’il y a de la vermiculite contaminée à l’amiante chez soi

La vermiculite en soi a été considérée comme une bonne forme d’isolation dans les greniers à une certaine époque, mais toutes les marques ne sont pas contaminées à l’amiante. Notez par contre que de l’amiante (non liée à la vermiculite) peut se trouver dans le ciment, le plâtre, le revêtement mural et le plafond de certaines maisons. L’amiante peut se cacher ailleurs dans la maison aussi.

Si votre maison a été construite avant les années 90’ et que vous souhaitez faire des rénovations, il serait prudent d’effectuer un test afin de déceler la présence d’amiante. En effet, les rénovations pourraient projeter des fibres dans l’air. L’exposition à l’amiante peut entraîner des maladies pulmonaires chroniques telles que le mésothéliome, le cancer du poumon et l’amiantose.


Le seul moyen de savoir s’il y a de l’amiante chez soi est d’effectuer un test. Ce dernier doit être effectué par un professionnel qui sera en mesure de bien se protéger, ainsi que votre maison, lors du processus de prélèvement. Dépendamment de la superficie à vérifier et du nombre de tests requis, une analyse en bonne et due forme peut coûter entre 200$ et quelques milliers de dollars.


Y a-t-il de la vermiculite contaminée dans la maison que je souhaite acheter?

Comment savoir s’il y a de la vermiculite contenant de l’amiante dans le grenier ou les murs de la maison que vous souhaitez acheter? Elena Maria Bejan, chef d’équipe et notaire chez DuProprio affirme : « Si le vendeur sait qu’il y a de la vermiculite dans l’isolation de sa maison, il a l’obligation de le déclarer à l’acheteur. Il peut lui présenter tout test ou rapport d’inspection concernant l’état de l’isolant, mais le vendeur n’est pas obligé de décontaminer, et ce, même s’il y a présence d’amiante dans la vermiculite. Le vendeur doit cependant divulguer l’information à l’acheteur, qui pourra prendre une décision éclairée face à l’achat. »


En tout temps, un acheteur prudent et diligent va demander une inspection comme condition à son offre d’achat. Si l’inspecteur en bâtiment découvre la présence de la vermiculite, l’acheteur aura la possibilité de faire une analyse à ses frais pour savoir si l’isolant contient de l’amiante.


L’acheteur pourra ensuite décider d’acheter la maison ou le condo dans son état actuel, ou d’annuler ou modifier son offre d’achat. Me Bejan précise : « Notons qu’il est possible que l’inspecteur ne décèle pas la présence de la vermiculite, et cela ne constitue pas un vice caché sous principe qu’il n’y a pas de déficit d’usage, c’est-à-dire qu’elle n’empêche pas l’usage normal de la propriété. »