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LES COTES ÉNERGÉTIQUES RÉSIDENTIELLES AU QUÉBEC : COMMENT S’Y PRENDRE?

Le Québec est en retard alors que plusieurs pays à travers le monde, y compris la France, utilisent depuis longtemps un système de cotation énergétique pour leurs bâtiments.


Une grande nouvelle a été annoncée pour l’avenir des bâtiments durables au Québec : le gouvernement du Québec a l’intention de déposer un projet de loi afin d’imposer un système de cotation énergétique pour les bâtiments institutionnels, les commerces et les gros immeubles résidentiels. Mais que fait-on des résidences unifamiliales et des multiplex ? Penchons-nous sur la question.


D'abord, qu’est-ce qu’un système de cotation énergétique ?

Chaque bâtiment a un niveau d'efficacité énergétique différente en fonction de son enveloppe thermique, de ses appareils électriques et de ses systèmes de chauffage et ventilation, notamment. Un bâtiment plus écoénergétique coûte moins cher annuellement, puisqu'il nécessite moins d'énergie pour fonctionner. Imaginez si l’on pouvait connaître le niveau d'efficacité d’une propriété avant de l’acquérir... Finies les mauvaises surprises !

Les cotes d'efficacité énergétique des bâtiments sont déjà largement utilisées dans le monde, dans des pays comme la France, les États-Unis et l'Espagne. Leur mode de fonctionnement peut différer selon le lieu, mais, en résumé, la cote se base sur la consommation d’énergie du bâtiment pour lui attribuer une « note » d'efficacité. Ainsi, plus il est écoénergétique, meilleure est sa cote. 


Alors que l’engouement pour l’habitation écologique et pour les économies d’énergie est en plein essor, il s’agit d’un excellent moment pour instaurer des outils permettant aux Québécois de s’instruire sur le sujet et de prendre action. Un système de cotes pourrait être une solution qui, à long terme permettre de réduire la consommation énergétique de nos bâtiments et de réduire leur impact environnemental.


Pourquoi les maisons ne sont pas concernées par les cotes énergétiques au Québec ?

Le domaine de l’efficacité énergétique n’est pas exempté du problème actuel de manque de main-d’œuvre. Ainsi, si un inspecteur en bâtiment devait vérifier et donner une cote à chaque bâtiment avant qu’il ne soit mis en vente, les délais s’allongeraient considérablement. Les acheteurs, les vendeurs et les courtiers immobiliers seraient donc pénalisés, alors que le marché est présentement marqué par un rythme de ventes rapides. Dans ces conditions et selon cette formule, le projet de cotation pourrait être mal accueilli dans le secteur immobilier. Ce fut d’ailleurs le cas, il y a plusieurs années, en Ontario, lors de la proposition d'une idée similaire.

Chez Écohabitation, nous croyons que les outils tels que le système de cotes doivent être les plus simples et efficaces possibles si l’on souhaite que la population s’y intéresse. C’est pourquoi nous avons une solution, imaginée et testée, que nous considérons comme idéale pour encourager l’habitation écologique sans affecter les transactions immobilières.


Quelle est notre solution pour la cote énergétique résidentielle ?

Le principe de la cote énergétique selon Écohabitation

Il y a près de dix ans, notre ingénieur Denis Boyer a développé, en collaboration avec l’agence immobilière Via Capitale, un logiciel afin d’estimer rapidement la consommation énergétique d'une résidence. Plutôt que de requérir la visite d’un inspecteur en bâtiment, l'évaluation e se base sur la facture d’électricité de la résidence et la compare à celles des habitations similaires. L’outil utilise une série de données pour créer des profils de maisons comparables, tels que le nombre d’occupants, la superficie habitable, la région (pour le climat), le type de bâtiment (duplex, en rangée, unifamiliale…), l’année de construction et la consommation annuelle en énergie. Ces données sont déjà toutes en possession par les courtiers immobiliers, qui n’auraient qu’à les entrer dans le logiciel au moment de la mise sur le marché pour obtenir le pourcentage associé à la propriété.

En fait, plutôt que d’être sous forme de cote A, B, C…, notre système de cotation est un pourcentage permettant de voir les économies (ou surcoûts) en énergie pour une propriété. Le nombre est établi en fonction de la moyenne des coûts en énergie des maisons du même profil. Par exemple, s’il est écrit « Économie de 20 % », cela signifie que la maison est 20 % plus économe en énergie que les maisons de sa catégorie. Ainsi, il s'agit davantage d'une indication de consommation que d'une cote. 

Dans le cas de notre projet avec Via Capitale, les pourcentages indiquant une surconsommation d’énergie n’étaient pas affichés. Toutefois, notre système serait en mesure de fournir l’information si un système de cotes était obligatoire. Ainsi, les acheteurs auraient l’heure juste sur la propriété qu’ils s’apprêtent à acheter et les propriétaires, eux, ressentiraient peut-être l’urgence d’effectuer des rénovations pour améliorer ce score.


Les limites de notre cote énergétique

Évidemment, puisque le logiciel se base sur les factures d’électricité des résidences, il ne fonctionne qu’avec les maisons dont la seule source d’énergie est l’électricité. Par conséquent, celles qui utilisent le mazout, le bois de chauffage ou le propane ne pourront obtenir de pourcentage. Si l’imposition d’un système de cotation subvenait, il faudrait que celles-ci soient identifiées comme telles pour justifier l'absence de cotes. 

Il est également important de préciser que le pourcentage fourni par le logiciel n’est pas aussi précis qu'un rapport produit par un spécialiste ayant inspecté les lieux. Jamais, donc, notre système de cote ne pourra remplacer l’avis d’un professionnel dans le but d’obtenir une certification ou des recommandations. Nous croyons toutefois que, pour une utilisation immobilière, le système de pourcentage serait pertinent et convivial, à la fois pour le public et les courtiers.


À quand la cotation énergétique résidentielle?

Nous nous réjouissons de la nouvelle concernant le nouveau projet de loi, mais nous croyons qu'il est important que cette règle s'applique également au secteur résidentiel léger. La réduction de la consommation énergétique au Québec passe par chacun d'entre nous, et chez Écohabitation, nous croyons que tout incitatif pour y arriver est le bienvenu.

En attendant l'imposition des cotes, vous pouvez demander à un conseiller en efficacité énergétique de venir inspecter votre maison afin de connaître votre cote Energuide. Celle-ci vous indiquera le rendement énergétique de votre résidence comme le système de cotation le ferait, mais elle ne vous permettra pas de la comparer à d'autres bâtiments puisqu'il s'agit d'un processus optionnel et non accessible au public.


Source: EcoHabitation


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