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Le gaz naturel est une source d'énergie pratique et relativement abordable pour le chauffage - alors pourquoi est-il inévitable pour le Québec de suivre l'exemple des gouvernements et des villes d'Amérique du Nord et d'Europe qui l'interdisent ?


Alors qu’aux États-Unis et en Europe, le temps est écoulé pour le combustible fossile dans les maisons, au Québec 9 % des nouveaux bâtiments sont encore desservis en gaz naturel (Le Devoir, avril 2022). Mais si nous voulons avoir la moindre chance d'atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone fixés par l'Accord de Paris, des mesures radicales sont à prendre dès maintenant. Si l'on considère que chaque nouvelle installation de chauffage au gaz a une durée de vie de 20 à 30 ans, ceci représente un héritage lourd de conséquences que nos enfants auront à gérer dans le futur.


Le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, M. Benoit Charette, a annoncé en décembre dernier, avec l’annonce en lien avec l’interdiction d’installer ou de réparer des systèmes de chauffage au mazout dans le résidentiel, qu'à compter du 31 décembre 2023, remplacer une chaudière au mazout par un appareil de chauffage fonctionnant au moyen d'un combustible fossile dans les bâtiments existants sera également interdit.

Il semblerait donc que le recours à un système au gaz naturel ou au propane, en remplacement d'un système au mazout, sera interdit fin 2023. Même si le gouvernement n'a pas cité le gaz naturel en particulier, rappelons que le gaz naturel et le propane sont des combustibles fossiles.

Les fournisseurs de gaz font la promotion de l'arrivée du « gaz naturel renouvelable » (GNR) dans leur offre afin de pérenniser leur place dans la stratégie de lutte contre la crise climatique. Mais, bien que le GNR soit en théorie carboneutre, il ne représentait que 0,1 % du volume dans les réseaux de Gaz Naturel en 2020 et ne représentera que 10 % du gaz total brûlé en 2030. La grande majorité du gaz naturel utilisé pour le chauffage serait encore largement d’origine fossile, et donc associée à de fortes émissions de GES.


Alors pourquoi le gaz naturel est-il en train d'être éliminé ?  


Bien que les cuisinières au gaz soient prisées pour la cuisson des aliments, il faudra bientôt leur dire adieu. En effet, chaque geste, petit ou grand, compte. Une étude de l’Université Stanford publiée dans la revue Environmental Science & Technology, mentionne que « toutes les émissions de méthane produites par les 43 millions de cuisinières au gaz utilisées aux États-Unis équivalent aux émissions de gaz à effet de serre (GES) de 500 000 voitures à essence par an. » (Radio-Canada, mai 2022).

Bien que les émissions de dioxyde de carbone provenant de la combustion du gaz naturel soient plus faibles que celles du pétrole ou du charbon, ce ne sont pas les seules émissions à prendre en compte : la combustion du gaz naturel émet également du monoxyde de carbone, des oxydes d'azote (NOx) et du dioxyde de soufre (SO2), ainsi que du méthane, un autre puissant gaz à effet de serre. Les cuisinières libèrent ainsi entre 0,8 et 1,3 % de gaz sous forme de méthane, ce qui est problématique non seulement au niveau des GES mais aussi au niveau de la qualité de l'air intérieur. En effet, les cuisinières au gaz sont une source de polluants de l'air de la maison qui comportent de sérieux riques pour la santé.


Comment extrait-on le gaz naturel ?

Le gaz naturel peut être extrait de différentes manières, en fonction de la géologie de la région. On peut y accéder par forage vertical, par forage horizontal et par la méthode la plus controversée et la plus dommageable pour l'environnement : la fracturation hydraulique (fracking). 


Ce processus de fracturation consiste à injecter un liquide de fracturation à haute pression - principalement composé d'eau, de sable et d'agents épaississants chimiques - dans un puits pour créer des fissures dans les formations rocheuses profondes et ainsi libérer les gaz. Une part de ces produits chimiques et liquides reste dans le sol, mais une grande partie finit par revenir à la surface où elle peut être absorbée par le sol, ou même se déverser dans les rivières et les ruisseaux.


La fracturation hydraulique contamine-t-elle l'eau potable ?

Les avis divergent quant à savoir si la fracturation du gaz peut ou non contaminer les eaux souterraines et, par conséquent, les puits et l'eau potable. Des opinions opposées sur Internet… qui aurait cru que cela existait ? Eh bien, c'est le cas. Du point de vue de l'industrie, vous pouvez facilement trouver des documents justificatifs indiquant qu'il n'existe aucune preuve d'une corrélation entre la fracturation et la contamination des eaux souterraines. Du côté des organisations de protection de l'environnement, vous pouvez trouver des preuves concluantes et accablantes que la fracturation empoisonne bel et bien l'eau potable. 


Alors, qui croire ? Nous vous laissons le choix. Pour certains, il semblerait que l'idée d'injecter des produits chimiques à haute pression dans le sol pour créer des fissures dans les formations rocheuses et libérer des combustibles fossiles ne suscite aucune consternation quant à la contamination des aquifères adjacents. Pour d'autres, dont la présente entreprise, la suggestion qu'un tel processus soit sûr est doutable. 


Le gaz naturel renouvelable (GNR) en tant que « carburant alternatif »

Le gaz naturel renouvelable (GNR) est un gaz de qualité, interchangeable avec le gaz naturel classique, autrement dit, le gaz fossile. C’est essentiellement du biogaz (le produit gazeux de la décomposition de la matière organique) qui a été traité selon certaines normes de pureté. Comme le gaz naturel classique, le GNR peut être utilisé comme carburant pour le transport sous forme de gaz naturel comprimé (GNC) ou de gaz naturel liquéfié (GNL). Aux États-Unis, le GNR est considéré comme un biocarburant avancé dans le cadre de la norme sur les carburants renouvelables.


Le biométhane, un autre terme pour ce carburant purifié de qualité pipeline, désigne le biogaz qui a également été nettoyé et conditionné pour éliminer ou réduire les éléments non méthaniques. Ce biogaz est produit à partir de diverses sources de biomasse, par un processus biochimique, comme la digestion anaérobie, ou par des moyens thermochimiques, comme la gazéification. Moyennant un nettoyage mineur, le biogaz peut être utilisé pour produire de l'électricité et de la chaleur et être utilisé en remplacement du gaz naturel traditionnel pour produire de l'électricité et du chauffage pour les centrales électriques, mais ce n'est pas tout...


Le gaz naturel renouvelable (GNR) n'est donc pas une source d'énergie verte ?

Le gaz naturel renouvelable est présenté comme « une énergie produite de manière propre », la majeure partie de cette énergie étant produite en récupérant une quantité considérable de déchets alimentaires que nous produisons et en les compostant pour produire du biométhane. En Amérique du Nord, jusqu'à 40 % de la nourriture que nous produisons est jetée, la majorité allant dans les décharges où elle pourrit, produisant du méthane qui se répand dans l'atmosphère. Quoiqu’il soit mieux de manger plus et mieux ce que nous cultivons, un usage intelligent pour une partie de ces aliments est la fabrication de compost à réutiliser au jardin.


Collecter tous ces déchets et en faire bon usage en les compostant dans des conditions contrôlées afin de récupérer le méthane et d'utiliser ce gaz pour produire de l'énergie semble certainement une excellente idée, mais, comme pour la plupart des choses, ce n'est pas tout. Le gros problème du méthane est son potentiel de réchauffement planétaire (PRP), un indice permettant aux experts de comparer les effets de toute émission de gaz à ceux du dioxyde de carbone. Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, au cours des dernières décennies, le méthane a réchauffé la planète jusqu'à 86 fois plus que le CO2. 


Les impacts environnementaux du gaz naturel dont on parle le moins sont issus de l'infrastructure de transport. C'est là que se situe le véritable problème, même s’il est très bien caché derrière le battage publicitaire en faveur de l'écologie à propos du gaz naturel renouvelable. On a par ailleurs calculé que le volume des fuites et des déversements provenant des pipelines et du transport du gaz naturel équivaut aux mêmes émissions de carbone qu'un tiers des véhicules circulant sur les routes américaines. 

Ainsi, même si le gaz naturel peut sembler être une bonne idée, il n'y a rien de « propre et vert » dans l'injection de grandes quantités de méthane dans l'atmosphère par des gazoducs non étanches pour maintenir en vie une industrie de l'énergie fossile qui s'épuise rapidement. Surtout que le pourcentage dans les réseaux est très faible, et le restera. Le biogaz doit être capté et utilisé, mais ne doit pas servir de justificatif au maintient d'un réseau de gaz au Québec. 


Quelle est l'ampleur du problème des fuites dans les infrastructures gazières aux États-Unis ?


L'utilisation du gaz augmente - principalement en raison des centrales électriques qui en utilisent davantage et de la construction de nouveaux bâtiments chauffés au gaz. Le gaz a été la seule source de combustible à connaître une augmentation en lien avec sa pollution carbone en 2019 (alors que les émissions de l'ensemble de l'économie ont diminué de 3 %). Lorsqu'il est brûlé, le gaz émet généralement deux fois moins de carbone que le charbon, on pourrait donc en conclure que le gaz peut nous aider à réduire les émissions (et beaucoup l'ont fait). Mais ce raisonnement pose d'importants problèmes.


Tout d'abord, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables étant bien moins chères et plus abondantes que le charbon, le choix n'est plus entre le charbon et le gaz pour produire l'électricité nécessaire au chauffage des maisons. De même, il existe des appareils et des équipements électriques beaucoup plus efficaces et plus propres que l'utilisation directe du gaz dans les bâtiments (par exemple, les chauffe-eau électriques à pompe à chaleur sont jusqu'à cinq fois plus efficaces que les chauffe-eau à gaz classiques). Ils constituent un élément clé de la solution à long terme pour une « décarbonisation » équitable des bâtiments pour tous les ménages.

Deuxièmement, cette comparaison entre le gaz et le charbon ne tient pas compte du méthane qui s'échappe tout au long de la chaîne d'approvisionnement du gaz. Et comme le montre la nouvelle analyse de Global Energy Monitor, cette quantité est bien plus élevée que ce que l'on pensait ou citait à l'origine lors de la promotion du gaz « naturel ».


Le gaz naturel est progressivement éliminé dans les villes américaines et en Europe 


À l'instar de l'Union européenne, où de nombreux pays ont déjà interdit l'installation du gaz naturel dans les foyers, de grandes villes américaines ont également interdit le gaz ou sont en train de l'éliminer progressivement. San Francisco, Seattle, Denver et New York sont quatre exemples de villes qui ont déjà interdit le gaz naturel ou qui ont proposé des interdictions dans un avenir proche.


En 2019, par un vote unanime de son conseil municipal, la ville de Berkeley, en Californie, a été la première ville américaine à interdire les raccordements au gaz naturel dans les nouveaux bâtiments. Bravo à Berkeley ! Maintenant, 42 villes en Californie ont adopté des interdictions ou des restrictions sévères à cet effet, et la Commission californienne de l'énergie, qui est à mettre à jour les codes de construction de l'État, pourrait facilement adopter une interdiction du gaz à l'échelle de l'État pour toutes les nouvelles constructions.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé qu’il sera interdit d'installer des chaudières et des appareils de chauffage au gaz et au mazout dans toutes les nouvelles habitations d’ici 2025 - tout cela en raison de la nécessité urgente de réduire les émissions de carbone des habitations.


Le gaz naturel sera progressivement éliminé au Canada à partir de 2023

Écohabitation pense que le gaz sera bientôt éliminé des foyers au Canada. Il suffit de lire entre les lignes de la législation qui vient d'entrer en vigueur au Québec et qui interdit l'utilisation du mazout pour les appareils de chauffage et les chaudières à partir de décembre 2021 (ce qui empêche leur installation dans les nouvelles habitations) et d'une deuxième partie bien formulée qui mentionne que « à partir de décembre 2023, aucune habitation équipée d'un appareil de chauffage ou d'une chaudière au mazout ne pourra être réparée ou remplacée par un système utilisant une forme quelconque de combustible fossile ». Lorsque nous nous sommes renseignés auprès du ministère concerné, on nous a répondu que cela faisait partie d'une législation fédérale en cours.

Il est important ici de rappeler que selon une étude publiée par la Chaire de gestion du secteur de l'énergie de HEC Montréal en 2020, 79 % des usages du gaz naturel actuels pourraient être convertis aisément à l’électricité (Journal de Montréal, 2022).


Nous pensons donc que décembre 2023 pourrait être la date d'élimination progressive du gaz dans les nouvelles maisons canadiennes.


Combien de temps dureront les réserves de gaz naturel ? 

Il est impossible de faire des prévisions exactes, mais sur la base de la consommation mondiale actuelle et des réserves de gaz naturel connues, on prévoit que le monde sera à court de gaz dans environ 50 ans.


Cela pourrait bien sûr changer si l'on découvrait de nouvelles réserves ou si l'on s'orientait vers des énergies renouvelables et propres, mais la tendance est là. Les combustibles fossiles sont une ressource limitée et, étant donné que les réserves « accessibles » de pétrole, de gaz et de charbon ont pour la plupart été épuisées, il ne nous reste plus que des méthodes d'extraction coûteuses et extrêmement destructrices sur le plan écologique pour continuer sur cette voie de catastrophes environnementale et économique assurées. 

L'épuisement des réserves est la raison pour laquelle nous avons dû nous tourner vers la fracturation, la dévastation des montagnes pour extraire le charbon, et les techniques telles que le forage en mer ou l'extraction des sables bitumineux pour trouver du pétrole. Nous avons cueilli tous les fruits mûrs, et tout ce qui reste devient de plus en plus cher et cause de plus en plus de dégâts. 


Pourquoi le gaz naturel est-il si populaire comme source de chauffage domestique ?

Le gaz naturel est « plus propre » que le charbon ou le pétrole, et ce « fait » a suffi à lancer une campagne de marketing mondiale très réussie pour convaincre les propriétaires que le chauffage au gaz est sûr et propre. Nous pensons que ce n'est pas non plus par hasard qu'il est appelé gaz « naturel » ! L'illusion à laquelle nous nous accrochons, à savoir que la combustion du gaz est propre, combinée à son prix relativement abordable, a conduit à l'hypothèse simple que le chauffage des maisons au gaz naturel est souvent le seul choix raisonnable. C'est propre, mais aussi bon marché, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est seulement jusqu'à ce que les lois de l'offre et de la demande entrent en jeu. Le fait de chauffer un si grand nombre de foyers avec cette source de combustible apparemment « abondante » accélère son épuisement et fait grimper les coûts. 



Le gaz naturel est peut-être moins cher aujourd'hui, mais nous pensons que c'est faire preuve d'une certaine myopie que de croire qu'il restera la source de chaleur la moins chère dans à peine dix ans, alors que vos coûteux systèmes de chauffage au gaz ont encore une bonne durée de vie. 


Quelle est la meilleure source de chaleur pour une maison ?

Quelques critères doivent être pris en compte lors du choix de la source de chauffage d'une maison : l'impact écologique, le coût et la disponibilité future. Et aucune de ces variables n'est de bonne augure pour le gaz. Tout d'abord, les impacts écologiques sont clairs. Le gaz naturel n'est pas aussi mauvais que les autres combustibles fossiles, mais son impact sur l'environnement reste important. En termes de coût, il est peut-être bon marché aujourd'hui, mais cela ne peut pas durer. Alors que les pays, et même les États, les provinces et les villes, soutiennent une transition vers des énergies propres et renouvelables, nous pensons que le chauffage à l'électricité est la source de combustible la plus propre et la plus durable.

Et oui, nous sommes conscients du fait qu'à l'heure actuelle, près de 60 % de la production d'électricité en Amérique du Nord est générée par la combustion de combustibles fossiles - merci de nous l'avoir fait remarquer, amateurs de gaz :-). Mais cela change rapidement avec l'adoption de sources d'énergie plus vertes et durables comme l'énergie solaire photovoltaïque et les parcs éoliens.


Les maisons plus efficaces sont moins chères à long terme

Nous ajouterons bien sûr à ce qui précède que la construction de maisons plus efficaces sur le plan énergétique ou la rénovation énergétique des maisons existantes grâce à des subventions au Canada font partie intégrante de l'équation.


En termes simples, l'économie du chauffage domestique est telle que, moins vous perdez de chaleur et d'énergie, moins vous devez en injecter. Si l'on conçoit les maisons de manière à investir dans la réduction des besoins énergétiques plutôt que dans l'infrastructure de chauffage, la source de chaleur devient presque insignifiante. Si nos maisons utilisaient 90 % d'énergie en moins, ce qui n'est pas difficile à réaliser, alors une légère augmentation des coûts de combustible devient négligeable.

Il a été prouvé sans équivoque qu'avec une conception adéquate, le supplément à payer pour une maison plus efficace sur le plan énergétique est compensé par les économies d'énergie mensuelles, ce qui en fait un mode de vie plus économique. Si nous voulons éviter une catastrophe climatique, nous devons cesser de construire des maisons jetables qui gaspillent la chaleur et l'énergie.

Les bâtiments sont responsables de plus de 50 % des émissions liées au changement climatique, et tout cela parce que nous les avons construits selon le plus petit dénominateur commun - les normes de performance minimales du code du bâtiment. En raison de cette approche à courte vue et de notre économie fondée sur le carbone, nous en payons tous le prix en termes de finances personnelles, sans compter la destruction écologique et le réchauffement de la planète.


Alors, ne vous laissez pas séduire par le battage médiatique sur le gaz naturel, optez pour l'électricité !

Électrifier et décarboner les maisons tout en réduisant les demandes d’énergie à la pointe électrique est crucial. L'énergie électrique ne peut généralement pas être stockée telle quelle, chaque kilowatt-heure doit donc être consommé au moment où il est produit. La pointe de consommation électrique est la période où la demande est la plus élevée: au Québec, elle représente en moyenne trois semaines par année, en périodes de grands froids hivernaux. La production d'Hydro-Québec, couplée aux achats effectués auprès des partenaires québécois de production (éolienne, biomasse, etc.) ne suffisent généralement pas à alimenter tous leurs clients lors de ces périodes critiques.


Source : EcoHabitation


Cet espace multifonctionnel très apprécié pour l'espace qu'il procure peut être une source de problèmes: pollution de l'air intérieur, factures d'électricité salées... Voici nos conseils pour un garage attenant ou détaché bien pensé et bien construit.


Apparu au Québec dès les années 1930 et désormais un atout qui fait mieux vendre, le garage résidentiel est un espace à part dans la maison. En plus d'y stationner sa voiture, on profite de la place additionnelle pour le rangement, pour faire du bricolage ou du sport, parfois même pour créer une nouvelle pièce. Outre la valeur additionnelle qu'il donne à une propriété, un garage détaché ou attenant peut causer des problèmes: qualité de l'air intérieur, pertes de chaleur et frais de chauffage élevés, infiltrations d'eau... Voici nos conseils pour un garage bien conçu et bien construit.


Construire un garage résidentiel: attaché ou détaché ?

Attacher un garage à la maison, c'est courir après les problèmes. Parce que la voiture y entre et sort, et qu'on y stocke souvent des peintures, lubrifiants et autres produits, l'air du garage est systèmatiquement pollué de fumées, particules et gaz toxiques très néfastes pour la santé, qui doivent à tout prix éviter de se mêler à l'air intérieur de la maison.

Il doit donc être parfaitement étanche et isolé, ce qui n'est jamais une mince affaire: les substances toxiques peuvent pénétrer dans la maison par une porte ouverte, mais surtout par les interstices autour de la porte, par des conduits et d'autres petites ouvertures dans les murs et les plafonds.

C'est pourquoi un garage détaché de la maison vous évitera bien des soucis de santé, mais aussi d’isolation et d'étanchéisation.

Notre conseil : construisez votre garage en retrait de la maison, sur dalle monolithique. Beaucoup de garages reposent d'ailleurs sur ce type de dalle.

Mais si on possède déjà un garage, comment l’isoler, le chauffer, le rénover ? Tout dépend de sa fonction, et s’il est attenant à la maison. Voici les sujets abordés dans ce guide complet :


  • Comment chauffer un garage ?

  • Le garage détaché de la maison, la solution la plus simple

  • Isoler et étanchéiser un garage attenant à la maison

  • Normes et exigences du Code pour un garage attaché

  • Isoler les planchers, les fondations d’un garage existant

  • Rénover et isoler un garage de brique

  • Revêtement et peinture pour le plancher du garage

  • Mauvaise pente garage écoulement eau et drain de plancher

  • Coupe-feu et garage

Comment chauffer un garage

S'il y a des fuites entre le garage et la maison ou l’extérieur, il se pourrait très bien que vous y perdiez de l'énergie ! Avant de chauffer votre garage, qu'il soit attaché à la maison ou détaché, il faudra donc l'isoler et l'étanchéiser, au niveau des murs et des planchers/plafonds, si ce n'est déjà fait (voir plus loin pour les détails d’isolation d’un garage).


Chauffer un garage en hiver: quel système choisir

Il n'y a pas de système de chauffage qui soit plus indiqué qu'un autre dans un garage. Si le garage est utilisé pour la stationnement d'une voiture, il ne faut pas installer de plancher radiant avec câbles électriques. Un tel système ne peut supporter le passage d'un véhicule. En fait, le plancher de béton est la seule option prudente de ce côté, avec réseau de chauffage tubulaire. Règle générale, le chauffage avec un plancher radiant coûte le même prix que les autres modes de chauffage, par exemple les plinthes électriques. Par contre, dans une dalle non isolée, un plancher radiant perd beaucoup de chaleur par le bas et son fonctionnement peut coûter cher.  Il vous faudra donc isoler parfaitement la dalle si vous désirez poser un tel système.


Un plafond radiant est une option à considérer, en autant que le plafond du garage soit bien isolé, surtout s'il donne sur l'extérieur. Un système radiant diffuse autant de chaleur vers le bas que vers le haut et il va sans dire que ce n'est pas dehors qu'on veut chauffer !

Finalement, de simples plinthes électriques sont efficaces, peu dispendieuses et simples à installer. Un choix toujours très gagnant !


Le garage indépendant, détaché de la maison

Si votre garage est séparé de la maison, qu'il n'est pas utilisé comme une pièce de vie et que vous ne comptez pas le chauffer, il est possible de ne pas l'isoler. Il faudrait tout de même y assurer une bonne ventilation, le garage étant généralement empli de polluants. Pour ventiler un garage séparé de la maison, prévoir un débit de 50 L/s (100 pcm) par voiture. La ventilation naturelle est normalement suffisante.

Toutefois, si vous le chauffez souvent ou si vous pensez éventuellement vous servir de cet espace comme atelier, mieux vaut prévoir le coup et isoler l'enveloppe. Il pourra être isolé de base si on compte en faire une utilisation sommaire, ou comme on isolerait une maison si on veut en faire une pièce de vie, en suivant idéalement les exigences du Code de Construction. Dans ce cas, il faudra ventiler le garage avec une ventilation mécanique performante, puisque la ventilation naturelle ne suffira plus. La certification LEED pour les habitations recommande de changer le volume d’air du garage trois fois, chaque fois que la porte ouvre. Par exemple, pour environ 3 000 p3, un ventilateur qui roule à 100 CFM devra opérer pendant au moins 30 minutes.


Isoler un garage détaché qui n'est pas chauffé

Si vous voulez chauffer le garage uniquement pour le maintenir au-dessus du point de congélation, soit environ 7 degrés, mieux vaut abandonner toute intervention côté isolation. Si ça marche bien jusqu’à présent, travaillez uniquement l’étanchéité de la toiture et ne construisez rien qui empêchera l’asséchement au niveau du plafond et des murs. Pour conserver l’énergie, l’unique intervention pourrait être d’ajouter de l’isolant rigide par-dessus une membrane pare-intempérie bien scellée.


Isoler et étanchéiser un garage attenant, attaché à la maison

Les garages attachés aux maisons sont bien souvent pas ou peu isolés, puisqu’ils ne font pas partie des aires de vie. Ce qui peut être très problématique au niveau de la facture énergétique, mais surtout au niveau de la santé…


Garage attenant à la maison et isolation

Pour l'isolation du garage, les règles sont en fait exactement les mêmes qu'à l'intérieur de votre habitation : pour réduire la consommation énergétique, il faut d’abord améliorer l'enveloppe thermique (isolation et étanchéité à l'air principalement), puis jouer sur le système de chauffage. On isole donc cet extension comme on isolerait la maison, mais en apportant une attention toute particulière à l’étanchéité…

Votre garage est en briques ? Le cas est différent, voyez comment procéder en fin d’article.

Garage attenant à la maison et qualité de l'air

Lorsqu'on entre dans le garage avec sa voiture et que la porte se referme, « il s’ensuit une émission de diverses substances chimiques qui se poursuit pendant plusieurs heures, tandis que le moteur et ses fluides refroidissent » (SCHL).

Et, comme l'air peut voyager via la moindre interstice, elle va naturellement se déplacer de la zone de plus haute pression vers la zone de plus faible pression. De part l'effet cheminée et l'action des systèmes d'extraction, qui a tendance à dépressuriser une maison, la pression y sera presque assurément plus faible ; il est probable que vous sentiez davantage les odeurs de garage en hiver ou lorsque les systèmes fonctionnent (mais n'oubliez pas : le monoxyde de carbone ou CO, mortel à forte concentration, est toutefois indétectable pour l'humain).

L'air en provenance du garage doit absolument être freiné si vous voulez évitez des problèmes sérieux de santé à vous et votre famille.


Freiner le mouvement d'air

Dans une vieille maison, les fuites à l'origine de la contamination de l'air de la maison peuvent malheureusement être difficiles à repérer et colmater. On peut tout de même freiner la migration des polluants en scellant bien le mur entre le garage et la maison.

Utilisez des produits scellants comme du mastic ou du calfeutrage au silicone pour combler les contours de toutes les ouvertures, les brèches ouvertes par les conduits et les fils électriques qui mènent à la maison ou au plafond au-dessus du garage. Cela peut poser un bon défi en rénovation, lorsque le gypse est déjà en place !

Ensuite, il faudra calfeutrer les espaces autour de la porte et autres ouvertures visibles avec du scellant, de la mousse, des bandes coupe-froid, etc.

Un pare-vapeur bien étanche (jonctions, points d'entrées, etc.) sera bien sur étanche à l'air... et donc aux différents gaz qu'il contient. Il faudra ainsi en poser un si ce n’est déjà fait, en retirant le gypse ou le revêtement.

Il est recommandé de faire passer un test d’infiltrométrie avant la (re)pose du gypse afin de vérifier si l’étanchéité est efficace. Il est à noter, lors du test, que la porte de garage doit être scellée temporairement pour ne pas fausser les résultats. Une fois toutes les fissures colmatées, les joints d’étanchéité posés et le pare-vapeur étanche installé, vous pouvez employer un isolant et un pare-air pour compléter le travail. 


Conseils pour limiter les émanations toxiques dans le garage


Quelques précautions simples contribueront à conserver un air plus sain dans votre garage, surtout si vous y passez du temps:

  • ouvrez la porte du garage avant de démarrer votre voiture, moto, tondeuse à gazon ou autre moteur à essence, sortez-la dès que possible puis refermez la porte pour limiter la pénétration des gaz d'échappement ;

  • assurez-vous que les bouteilles et pots de peintures, solvants et autres produits contenant des polluants soient bien fermés.


Ventiler un garage isolé et étanche


Une fois le garage bien étanchéisé, il faudra poser un détecteur de monoxyde de carbone dans le garage, de même que dans les pièces adjacentes, puis un ventilateur d’extraction dans le garage (tel un ventilateur de salle de bain), bien installé et dimensionné. Il sera actionné quand la porte du garage ouvre ou ferme et pourra également aider à évacuer les polluants vers l’extérieur en dépressurisant le garage. La certification LEED pour les habitations recommande de changer le volume d’air du garage trois fois, chaque fois que la porte ouvre. Par exemple, pour environ 3 000 p3, un ventilateur qui roule à 100 CFM devra opérer pendant au moins 30 minutes.

Si vous ne voulez pas un appareil qui fonctionne en continu, il doit être muni d'une minuterie automatique reliée à un détecteur de présence, un détecteur de monoxyde de carbone ou l'équivalent. La minuterie doit être réglée pour fournir au moins 3 changements d'air chaque fois que le ventilateur est mis en marche.

Attention toutefois : Il ne faut pas relier les systèmes de ventilation de votre maison au garage, car l'air y sera plus chargé en polluants (CO, formaldéhydes, CV, etc.). Si vous l'utilisez comme atelier, prévoyez un système de renouvellement de l'air pour vos séances de travail.


Normes et exigences du Code pour un garage attaché

La norme exige que le garage possède une isolation et une étanchéité complètes. De plus, les portes adjacents à la maison doivent posséder des pentures à fermeture automatique. Vous devez installer un avertisseur de monoxyde de carbone si un accès direct existe entre la maison et un garage de stationnement intérieur.

De plus, la porte qui sépare la maison et le garage doit être étanche et avoir une résistance au feu de ¾ heure.


Isoler les planchers, les fondations d’un garage existant

Vous pouvez isoler les planches du garage avec des panneaux de polystyrène expansé et ensuite recouler une chape de béton de 2 pouces d'épaisseur par-dessus, si vous avez assez d'espace. En effet, une bonne isolation vous fera perdre de l'espace en hauteur, mais si vous avez de hauts plafonds, poser de nombreux panneaux en les faisant chevaucher afin de couvrir les joints est une bonne technique pour isoler le sol. Nous recommandons également d'isoler les joints, le bas des murs et les murs si vous le pouvez.


Rénover et isoler un garage de brique

La rénovation et l'isolation d'un garage de brique devra faire l’objet d’une attention particulière, et va différer selon qu’elle se fera par l’intérieur ou l’extérieur.


Isoler un garage de briques par l’intérieur

L'isolation par l'intérieur d'un mur porteur en brique est embêtante car la brique, jusqu'ici réchauffée par l'air intérieur, devient alors froide. C’est la chaleur qui passe par les briques les fait sécher. Sans cet apport en chaleur, les cycles de gel et dégel risquent de devenir plus dommageables pour la brique et le mortier.

Ça ne veut pas dire que l'isolation par l'intérieur est toujours à proscrire, mais il faut certainement être prudent. Certains rénovateurs recommandent par exemple une isolation qui ne dépasse pas R-10. De plus, les briques ne sont pas toutes équivalentes et certaines résistent beaucoup mieux que d'autres au gel et au dégel. Il est possible de tester la brique ; informez-vous auprès d'un maçon d'expérience.

Si vous optez pour l'isolation par l'intérieur, vous pouvez utiliser du polyuréthane à cellules fermées directement sur le mur de briques. Vous pouvez également construire une charpente non porteuse et remplir la cavité d'isolant cellulosique. Qu'importe l'isolant utilisé, il est important de bloquer le passage de l'air intérieur vers la brique. L'humidité qu'il renferme risque autrement de former de la condensation sur les briques froides.

Une fois le mur isolé, il devient encore plus important de protéger la brique des infiltrations d'eau de pluie. À l'extérieur, inspectez les potentiels points d'entrée d'eau : fissures dans le mortier, pourtour des fenêtres, gouttières trop près du mur, etc.

Enfin, il y a l'isolation naturelle chanvre et chaux dont nous avons parlé dans ce conseil, avec la participation d'Anthony Néron. Ce procédé est différent de l'isolation avec des matériaux conventionnels, car le mélange fait aussi office de masse thermique.

Isoler un garage de briques par l’extérieur

Isoler un garage de briques par l'extérieur n'est pas toujours possible, ni même souhaité par les propriétaires, puisque bien entendu cela vient modifier l'apparence du bâtiment en cachant la brique d'origine. Par contre, c'est parfois la façon la plus sécuritaire d'isoler un bâtiment en maçonnerie.

Vous pouvez avoir recours à des panneaux isolants rigides ou encore à du polyuréthane giclé à cellules ouvertes. Le parement pourrait ensuite être remplacé par de la brique autoportante sans mortier.


Poser une porte de garage étanche


Pour minimiser les pertes de chaleur et freiner la pénétration des polluants dans la maison, des portes de garage bien isolées jouent un rôle non négligeable : elles occupent une surface importante. Assurez-vous que les coupe-froid soient bien installés. Aussi, superposez de 6’’ les joints de polyéthylène (verticaux ou horizontaux) en incorporant un joint de scellant.

Pour couper le pont thermique créé sous la porte de garage qui sépare l'intérieur de l'extérieur (toujours grand à cet endroit) il faudra poser un styrofoam, comme de l'Isoclad. Par contre, le laissé exposé, avec des autos et des vélos qui roulent dessus, ne sera pas très esthétique ni très durable, ceci n'étant pas sa fonction prévue.

Il existe de nouveaux produits sur le marché, comme le Foamglass, plus résistants aux chocs et plus adaptés aux bris thermiques. Une autre option est de protéger le tout avec un scellant silicone ou un autre type de calfeutrant pour protéger l’isolant rigide en mousse tout en maintenant le bris thermique et en rendant le tout moins choquant au niveau esthétique.

Attention toutefois aux coulis cimentaires, qui recréeront le pont thermique !

Il existe aussi des portes de garage étanches à l'eau pour prévenir les inondations dans les bâtiments dont le garage est situé au sous-sol et possède une entrée en pente. Les inondations dûes aux fortes pluies, de plus en plus fréquentes, causent des sinistres importants  dans ce type de bâtiments.


Revêtement et peinture pour le plancher du garage

Il existe des planchers de garage faits de caoutchouc et d'uréthane comme liant dans sa fabrication. Si ce type de revêtement vous intéresse, il faudrait lire la fiche SIMDUT du produit en question pour voir les émissions. Car oui, il est intéressant de recycler les pneus, mais les tapis créés ainsi émettent souvent de nombreux COV. Nous conseillons de rester sous la barre des 0,100 ppm.

Si vous prévoyez poser ce matériaux mou et confortable dans un garage fort peu utilisé, ça pourrait être une bonne option, à condition que le garage soit bien étanche avec la maison. Toutefois, si vous prévoyez travailler dans votre garage et y passer du temps, nous vous suggérons plutôt d’y aller avec un scellant pour votre dalle de béton. Il en existe des écologiques et efficaces.

Pour ce qui est des peintures pour le béton, elles ne résistent pas au passage fréquent d'une automobile, qu'il s'agisse de peintures naturelles, au latex ou même à l'alkyde (qui bien sûr n'est pas écologique du tout). Le mieux est donc de laisser la dalle telle quelle, de la sceller, ou encore d’utiliser un densificateur pour béton.


Mauvaise pente garage écoulement eau et drain de plancher

Le garage doit absolument posséder un drain de plancher, pour recueillir la neige et l’eau de pluie présente sur la voiture, qui finira en vapeur humide si elle n’est pas évacuée.

Pour ajouter un drain sur une dalle de béton à niveau, il faut scier la dalle et faire un daleau (petit canal) qui servira à l’écoulement de l’eau vers le drain. On recouvrira finalement ce daleau par une plaque d’acier galvanisée tenue par des cornières fixées dans les parois du daleau.


Si vous possédez un drain de plancher, mais que l'eau n'y est pas acheminée, il y a sans doute un problème avec la pente de plancher. Vous devrez revoir la pente afin d'éviter d'éventuelles flaques ou dégâts plus importants. Vous trouverez les normes à cet effet dans le Code du Bâtiment, chapitre III; Plomberie. Pour y parvenir, il est possible de recouler une mince chape de béton sur l'existante, en lui apportant une légère pente. 


Coupe-feu et garage

Si vous posez du polyuréthane, il devra être recouvert d’un matériau incombustible car c’est un matériau hautement combustible. Pour le recouvrir, il faudrait installer des fourrures de 1’’x 3’’ et par la suite mettre un gypse ou un revêtement de tôle d’acier.

Le gypse joue aussi le rôle de coupe-feu, et les compagnies d'assurance l'exigent normalement en guide de coupe-feu. Toutefois, attention de choisir du gypse résistant au feu à partir de 1/2''. Normalement, il est résistant à partir de 5/8''.


Source : EcoHabitation


Quoi de plus exaltant que de pouvoir rêver d’un espace de vie à son image? De passer du rêve à la réalité en construisant sa propre maison! Si l’achat d’une maison est une étape importante dans une vie, faire une construction neuve constitue un défi encore plus significatif. En effet, pour pouvoir créer un endroit où chaque espace est pensé en fonction de l’utilisation que l’on souhaite en faire, il faut savoir par où commencer. C’est pourquoi il est important de faire appel à des professionnels. 

Mais même avec l’aide d’experts, certains facteurs doivent être pris en compte dans la mise sur pied d’un tel projet. Après tout, construire sa propre maison, une minimaison ou même un chalet, c’est faire beaucoup de choix difficiles. Et selon les paramètres qui guident vos décisions, ces choix peuvent avoir d’importantes répercussions. 

Pour savoir quelles questions se poser et quoi savoir avant de vous lancer, voici dix aspects à considérer avant de construire une nouvelle maison


1. Acheter le bon terrain 

Avant même de pouvoir penser à la maison elle-même, on doit savoir où la construire. Pour acheter le bon terrain, plusieurs facteurs doivent être pris en compte. 


Localisation 

Réfléchissez au type de maison neuve que vous voulez construire et à l’endroit où elle serait le plus judicieuse. Vous avez probablement un emplacement idéal en tête — après tout, la plupart des gens ne veulent pas d’un chalet construit au centre-ville. Si vous êtes à la recherche d’une forêt paisible ou d’une plage ensoleillée, assurez-vous de vérifier auprès de la municipalité si elle prévoit construire autre chose à proximité. Vous ne voulez pas que votre vue idyllique soit remplacé par un camp de jour ou une plage publique. 

Pendant que vous êtes à la recherche du bon terrain, pensez aussi à la façon dont vos besoins évolueront dans le futur. Vous prévoyez avoir des enfants? Regardez si les écoles situées à proximité vous plaisent. Vous ne possédez pas de voiture? Vérifiez les services de transport en commun et les commerces de proximité du secteur. Vous aimez réaliser des soirées avec vos amis, assurez-vous que les voisins sont assez loin pour ne pas entendre votre musique! 


Type de sol et topographie 

Bien entendu, il faut avoir une idée globale du genre de projet que l’on vise à réaliser pour acheter le terrain approprié. En effet, la superficie de celui-ci, sa topographie et son emplacement doivent être compatibles avec la sorte de bâtiment que vous voulez y construire. Certains types de sols, l’inclinaison ou d’autres caractéristiques du terrain pourraient occasionner des surprises si on n’en a pas tenu compte dès le départ. Par exemple, si vous souhaitez construire une propriété au bord de l’eau, vous devrez anticiper le ruissellement, l’érosion du sol et même les inondations. Autant d’éléments qui peuvent rendre la construction difficile et endommager vos fondations au fil du temps. Prenez le temps d’inspecter le sol et les zones environnantes pour savoir à quoi vous attendre. 


Comprendre les types de lot 

Ensuite, vous voudrez voir quel type de lot vous voulez acheter, car cela aura un impact sur votre capacité à obtenir un prêt bancaire, ainsi que sur le calendrier de votre projet. Si vous disposez d’un capital important et que cela ne vous dérange pas d’attendre que les services publics et les services de base soient raccordés, optez pour un terrain non amélioré. Sinon, optez pour un terrain prêt à être construit. Outre tous ces points, il faut bien évidemment magasiner un terrain qui vous rende heureux, sur lequel vous pouvez vous imaginer vivre. Après tout, le choix de l’emplacement de votre future nouvelle demeure est crucial à la réalisation de votre vision. 

Parlant de vision, il est bon de penser dès l’achat du terrain à l’orientation que l’on va donner à la maison, que ce soit par rapport à la vue que l’on souhaite avoir, la végétation existante ou l’ensoleillement qui fera de notre espace de vie une oasis lumineuse et économique sur le chauffage. Il s’agit d’envisager comment notre future propriété s’intégrera dans son environnement. 


Zonage et services 

Avant de prendre une décision, assurez-vous que vous achetez un terrain résidentiel. C’est crucial — vous ne voulez pas investir des milliers de dollars dans une propriété sur laquelle vous ne pourrez pas construire la maison de vos rêves! Dans le même ordre d’idées, assurez-vous de demander une copie de l’arpentage ou de demander à un arpenteur de déterminer les limites exactes de votre terrain après l’achat. Cela vous aidera à éviter les conflits de limites avec vos voisins et les problèmes connexes. 

Vous devrez également vous renseigner sur les ordonnances municipales qui s’appliquent à votre propriété. Gardez un œil sur des choses comme les services d’urgence, le recyclage, la collecte des déchets, et la réparation des routes. Il faut voir ce que les règlements municipaux d’urbanisme et le zonage vont vous permettre de construire. Cela vous aidera à avoir une idée des services offerts à votre propriété et à savoir qui appeler si vous avez des questions ou des préoccupations. Parfois, de multiples restrictions peuvent s’appliquer, venant ainsi changer drastiquement la vision initiale d’où l’importance d’être bien renseigné. 


Actes de propriété et associations de propriétaires 

Enfin, si vous achetez un terrain vague dans un lotissement, vous devrez peut-être adhérer à l’association locale de propriétaires. Dans certains cas, cela implique le paiement d’une cotisation et le respect d’un ensemble de règles (généralement liées à l’apparence extérieure de la maison). Certains terrains sont également soumis à des restrictions dans l’acte de propriété, allant de l’abattage des arbres à la hauteur maximale de la nouvelle construction. N’oubliez pas de demander au vendeur si d’autres restrictions s’appliquent au terrain. 


2. Faire les plans pour une construction neuve 

Que vous soyez adepte du style scandinave ou mid-century, que vous désiriez vivre dans une demeure vaste de style ranch ou choisissiez plutôt une maison à étages, peu importe le type de maison dans lequel vous voulez habiter, ce sont les plans qui permettront de faire passer votre rêve à la réalité. 


Choisir les bons plans pour votre nouvelle construction 

Le choix d’y aller avec l’autoconstruction, la maison préfabriquée ou un entrepreneur général influencera aussi à quel genre de plans vous aurez recours. Que vous fassiez appel à un architecte ou à un technologue pour la réalisation des plans de construction de votre future maison, cette étape doit se faire selon vos besoins et votre budget. 

Plusieurs firmes d’architectes proposent des modèles de plans que vous pouvez acheter tel quel, faire adapter à vos exigences ou simplement décider d’aller vers du sur mesure. C’est notamment le cas de Dessins Drummond, dont le site web offre plus de 1000 plans de maisons variées. Aller naviguer et contempler ce qui est présenté constitue une première étape afin d’explorer les possibilités et d’identifier ce qui vous plaît. 

Vous pouvez ainsi vous faire une tête quant à l’esthétique à privilégier, le budget à envisager et les besoins à prioriser. Selon les options choisies, les professionnels sauront vous guider pour identifier ce qui convient à votre cœur et à votre portefeuille. 


Prendre le temps de réfléchir à ses plans 

Une chose est certaine, selon Yves Carignan, PDG de Dessins Drummond, la patience est votre meilleure alliée lorsque vient le temps de réaliser des plans de maison. «Je conseille généralement d’essayer de réaliser les plans au moins un an avant de débuter la construction d’une future maison.» 

Pourquoi? Car, selon lui, c’est la meilleure façon de s’assurer d’avoir pensé à tout. «Avec un premier plan préliminaire en main, on peut penser à tous les détails qui pourraient émerger durant ce délai. On a l’occasion de penser à l’emplacement des prises électriques, comme des luminaires. On identifie ce que l’on aime moins de notre résidence actuelle pour corriger le tout dans notre nouvelle maison. On peut aller visiter des amis, la famille, leur montrer les plans, en discuter, voir chez eux quelque chose à quoi on n’avait pas pensé. On peut bien mesurer notre mobilier pour s’assurer non seulement qu’il rentrera dans notre maison, mais qu’on pourra bien circuler autour. On peut réfléchir à nos besoins d’espace qui risquent d’évoluer et en tenir compte dans les plans… C’est la meilleure façon de ne rien regretter», avertit-il. 

Pour les personnes qui s’inquiètent de la montée des prix des matériaux et préfèrent hâter la construction de leur nouvelle maison tout de suite après l’obtention des plans, il les met en garde. «On sauve rarement de l’argent à vouloir aller trop vite. Devoir refaire des plans, modifier une construction en cours de route ou simplement regretter son choix, ça peut être très coûteux!» 


3. Concevoir une maison écologique 

Si vous êtes prêts à réaliser une nouvelle construction, aussi bien s’assurer que celle-ci correspond aux normes les plus élevées en matière environnementale. En effet, il s’agit d’une belle occasion de penser aux aspects écoénergétiques de votre maison. 

En incluant des sources d’énergie renouvelable pour l’alimentation en eau ou en électricité, en prenant des portes et fenêtres haute performance ou en optant pour un revêtement extérieur écologique, vous sauverez à long terme en frais de service, de chauffage ou d’entretien. Si vous voulez un confort automatisé tout en maximisant votre économie, considérez investir dans un thermostat et des rideaux intelligents. Dans certains cas, vos choix soucieux de l’environnement peuvent même vous donner accès à des subventions pour les constructions vertes, aide financière ou avantages fiscaux. 

C’est d’ailleurs gagnant-gagnant, car, du même coup, vous donnerez un coup de pouce à la planète et à votre portefeuille! 


4. Choisir son entrepreneur en construction neuve 

Après l’achat du terrain et la conception des plans, l’élément le plus important pour la construction d’une nouvelle maison est évidemment le choix de l’entrepreneur. 

Selon Yves Carignan, la clé du succès d’un projet de construction de maison réside dans la communication entre le client et l’entrepreneur. « Un bon entrepreneur sera votre allié du début à la fin de votre projet de construction, en vous conseillant sur tous les aspects de sa réalisation », explique-t-il. «Il devra vous mettre en confiance, savoir répondre clairement et promptement à toutes vos questions, sera en mesure de vous fournir une soumission détaillée qui explique les étapes de réalisation, l’échéancier et le budget du projet et offrira un excellent service après-vente appuyé par des références d’anciens clients.» 


Vérification de l’entrepreneur 

Ne vous laissez pas charmer par une soumission trop basse, puisque des frais supplémentaires pourraient alors venir s’ajouter en cours de route. À l’inverse, une facture trop salée pourrait vouloir dire que les prix ont été gonflés. Pour avoir une idée du juste prix, n’hésitez pas à demander des soumissions à plusieurs entrepreneurs et à les rencontrer pour leur poser des questions sur le projet. 

La construction d’une nouvelle maison avec un entrepreneur général qui veille à la réalisation du projet requiert que celui-ci ait l’expérience, les compétences, les connaissances, la main-d’œuvre, l’expertise, les assurances et les licences nécessaires. 

Pour vous assurer de faire le bon choix, RénoAssistance a mis en place un processus de vérification en 53 points, le plus complet de l’industrie. 

En faisant appel à nos services et en faisant affaire avec l’un de nos Entrepreneurs Vérifiés, vous bénéficiez aussi de l’aide de l’un de nos Conseillers experts en rénovation qui vous épaulera dans votre projet et vous aidera à faire les bons choix. 


Plan de garantie 

Dans les critères incontournables, votre entrepreneur doit disposer de la licence 1.1.1 en bâtiment résidentiel neuf visé par un plan de garantie. Une maison unifamiliale isolée, jumelée ou en rangée, sont, entre autres, tous des types de bâtiments visés par le plan de garantie. 

Un plan de garantie est essentiel pour une nouvelle construction et exigé au Québec depuis 1999. Il permet d’offrir l’assurance à l’acheteur d’une propriété neuve que le constructeur s’engage à respecter ses obligations contractuelles, notamment les acomptes et la garantie contre les défauts de construction. 


5. Signer le contrat préliminaire 

Si vous achetez une maison qui vient avec un terrain, via un entrepreneur ou un promoteur immobilier, il est important et obligatoire de procéder à la signature d’un contrat préliminaire.  


Contrat d’achat résidentiel 

D’après ce contrat, vous vous engagez à acheter du vendeur (l’entrepreneur responsable de la construction) la maison qui sera construite selon les critères spécifiés. Ce document est crucial puisqu’il protège les deux parties en cas de litige. 

Comme il n’existe pas de contrat préliminaire standard selon la loi, assurez-vous d’inclure tous les éléments nécessaires. Outre le prix de vente, le contrat inclut les coordonnées des deux parties, les modalités de paiement, les obligations et responsabilités de chacun. Des spécifications quant au travail à accomplir sont aussi indiquées. Le contrat préliminaire prévoit une date de livraison et le transfert du titre de propriété. Le tout doit évidemment être dûment signé. 

Suite à la signature du contrat, l’acheteur dispose d’un droit de dédit de 10 jours pour s’en désister, moyennant quoi il peut être sommé de verser 0,5% du prix de vente au vendeur comme indemnité. 


Contrat de construction 

Si vous êtes déjà propriétaire du terrain, il faudra alors signer un contrat d’entreprise avec l’entrepreneur qui construira votre nouvelle demeure. Celui-ci est similaire au contrat standard de rénovation. Dans ce contrat, tout doit être inscrit: les spécificités de l’immeuble, la façon dont les débris seront nettoyés et les méthodes de paiement. Évidemment, nos Conseillers seront là pour vous aider à démystifier les nuances de ce type de contrat si vous décidez de prendre la soumission d’un entrepreneur de RénoAssistance.  


6. Obtenir un permis de construction 

Si certains entrepreneurs se chargent comme mandataires de l’obtention d’un permis de construction, ce n’est pas toujours le cas. L’obtention d’un permis n’est pas complexe en soi, il suffit de passer par sa municipalité, de remplir les documents requis et de fournir les preuves justificatives nécessaires. 

Lors de cette demande, vous devrez donner l’adresse de l’emplacement des travaux ou le numéro de lot du terrain, expliquer les usages projetés du bâtiment, fournir une évaluation du prix des travaux pour payer le montant fixé au règlement annuel sur les tarifs de votre municipalité et produire les plans de construction. En effet, le prix du permis de construction variera en fonction du coût estimé des travaux. 

Selon la nature du projet, d’autres plans et autorisations peuvent être nécessaires pour permettre par exemple la coupe d’arbres, l’obtention de certaines dérogations, la réalisation de travaux d’excavation, etc. 

Le temps de délivrance du permis peut varier en fonction de la nature et de la complexité du projet. Il faut donc vous assurer de fournir toutes les pièces justificatives requises afin d’éviter inutilement les délais supplémentaires. 


7. Faire une inspection avant de déménager 

Lors de la construction de votre maison, vous avez le droit à tout moment de venir sur le chantier comme prévu par la loi. Ainsi, vous pouvez inspecter l’état d’avancement des travaux, vérifier la qualité des matériaux et du travail réalisé, ainsi que demander à voir l’état des dépenses. 

Par contre, bien que cela soit autorisé, veillez à ne pas nuire au déroulement des travaux en étant dans le chemin de votre entrepreneur. En établissant dès le départ une relation de confiance avec une personne à qui vous vous sentez à l’aise de déléguer la réalisation de votre rêve, vous ne ressentirez pas le besoin de venir épier ses moindres faits et gestes. 


Visiter le chantier aux meilleurs moments 

Les meilleurs moments pour visiter le chantier sont après la complétion de travaux majeurs et pour vérifier la finition. 

En effet, suite aux étapes importantes de la construction, il est pertinent de venir constater la qualité de ce qui a été réalisé afin d’éviter les surprises ou changements tardifs qui pourraient être plus coûteux. 

De la même façon, une visite s’impose après la finition pour pouvoir s’assurer que le tout correspond à vos attentes avant d’entreprendre la phase de décoration et d’aménagement de l’espace. 


8. Prévoir les coûts supplémentaires à la construction 


Le budget de construction d’une nouvelle maison doit toujours comporter un 20% de contingence en cas d’imprévus. 

En plus de ce montant de côté, de l’argent doit être budgété pour raccorder la maison aux réseaux publics de services ou construire les installations dans le cas échéant.  

Cela dépend du lieu où vous faites votre construction neuve, mais le raccord aux services suivants devra peut-être être payé de votre proche: 

  • Raccord à l’aqueduc et au service d’égouts 

  • Réseau d’Hydro-Québec 

  • Services de télécommunications 

  • Poubelle, recyclage et composte 

Vous devriez prévoir ces dépenses dans votre budget total, pour un montant qui oscille entre 2 000$ et 10 000$. Si la municipalité n’offre pas les services, vous pouvez devoir faire creuser un puits ou installer une fosse septique à vos frais. 

De plus, le nivellement du terrain (à raison de 3$ à 10$ du pied carré), le nivellement du trottoir et l’aménagement d’une entrée asphaltée pour la voiture sont aussi des coûts qui peuvent s’ajouter à une nouvelle construction. 

Aussi, lorsque l’entrepreneur n’est pas habitué à faire l’aménagement paysager, il peut être nécessaire de faire affaire avec un spécialiste qui s’occupera de verdir le terrain et de compléter la vision extérieure de votre nouvelle propriété. 


9. Attendre la fin des travaux avant d’emménager 

Bien qu’il puisse être tentant d’emménager le plus rapidement possible dans sa nouvelle maison, il est plus sage d’attendre la fin des travaux avant d’emménager. Ainsi, vous ne gênez pas les travaux des entrepreneurs déjà sur place et vous évitez le stress en plus des inconvénients de vivre pour un moment dans un chantier. 

Il vaut parfois mieux troquer un mois de plus dans son ancienne résidence pour arriver dans sa nouvelle demeure avec un sous-sol fini, une finition non bâclée et une cour aménagée. 


10. Faire l’aménagement et la décoration 

Bien que la construction d’une nouvelle maison puisse parfois être une aventure éprouvante, le jeu en vaut la chandelle pour pouvoir choisir chacun des détails de votre nouveau chez soi sans avoir à faire de compromis sur votre vision. 

Dès les étapes d’idéation du projet, vous pouvez choisir les matériaux et gadgets qui permettront à votre cuisine de faire l’envie de tous; de transformer votre salle de bain en oasis de sérénité avec vos choix de tuiles et de finition; de faire de votre sous-sol un refuge douillet où il fait bon se prélasser; d’instiller de les tendances maisons sur tous les murs, planchers, plafonds et accessoires! 

Après toutes les étapes de planification et de construction, le moment où vous décorez permet de transformer votre maison en chez-vous, d’apporter la dernière touche à cette vision de votre espace rêvé. 


Du rêve à la réalité 

En vous posant les bonnes questions et en vous entourant d’experts qualifiés, vous pouvez concrétiser votre projet de nouvelle construction avec succès. Vous aurez alors la résidence de vos rêves, parfaitement adaptée à vos besoins, entièrement personnalisée, dont vous pourrez pleinement profiter. Et une fois votre rêve devenu réalité, n’oubliez surtout pas de l’assurer! 


Source : RenoAssistance


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